jeudi 19 février 2009

Dictionnaire de la non-philosophie

De François Laruelle & collaborateurs
Editions Kimé, coll. Bibliothèque de non-philosophie, 1998





« Non-philosophie » : doctrine sans système, discipline scientifique et philosophique sans synthèse. Elle se définit par une liste ouverte d'aspects. Ontologique : l'homme comme vision-en-Un ou Ego-sans-Etre. Subjectif : le sujet comme Etranger au Monde mais voué à le transformer. Ethique : le malheur radical comme cause d'une non-éthique. Politique : l'Etranger comme solution d'une démocratie réelle. Théorique : le sujet comme force (de) pensée, explication de la philosophie hétérogène à la suffisance philosophique. Pragmatique : comme usage en faveur de l'homme-Etranger des sciences et des philosophies également inhumaines ; etc.
Une seule solution au problème de la pensée-monde et de ses révolutions : l'hérésie pure (comment faire hérésie avec la philosophie ?). Un seul mot d'ordre contre la paresse de la pensée-culture : user de la Grande Inconnue — l'Identité — comme facteur d'émergence (comment faire du clonage une découverte et une invention continues ?). Une seule politique contre la politique-histoire : l'Etranger comme utopie radicale (comment penser selon l'utopie sans produire une utopie supplémentaire ?).
Une seule réponse aux objections : faire du bilan des acquis un avancement de la théorie et de la technique (comment faire un dictionnaire de non-philosophie qui soit lui-même non-philosophique ?).

Ont collaboré à cet ouvrage : T. Brachet, G. Kieffer, F. Laruelle, L. Leroy, D. Nicolet, A.-F. Schmid, S. Valdinoci.



LECTURE ANALYTIQUE



DNP-0.0.0. / AVERTISSEMENT

DNP-0.0.1. / le double aspect de la non-philosophie : une pensée doctrinale d'apparence philosophique / une méthode et une discipline à vocation théorique
DNP-0.0.2. / ce dictionnaire est moins récapitulatif que prospectif
DNP-0.0.3. / les courtes références à l'histoire de la philosophie visent chaque doctrine comme Décision philosophique spécifique
DNP-0.0.4. / le vocabulaire de la non-philosophie reste celui de la philosophie, retravaillé sémantiquement et formellement
DNP-0.0.5. / chaque article comprend 1) une définition non-philosophique, 2) un aperçu du sens philosophique dominant/suffisant, 3) une explication de point de vue non-philosophique
DNP-0.0.6. / proposés et discutés collectivement, les articles furent ensuite "harmonisés" et "ajustés" par F. Laruelle
DNP-0.0.7. / le dictionnaire est précédé d'un essai de F. Laruelle : "Théorie du dictionnaire non-philosophque"


DNP-1.0.0. / THEORIE DU DICTIONNAIRE NON-PHILOSOPHIQUE


DNP-1.1.0. / le dict du dictionnaire

DNP-1.1.1. / le dictionnaire est un dispositif qui produit de la signification en ramenant le pouvoir des mots à une "définition" 
DNP-1.1.2. / la question de l'identité sous toutes ses formes (termes, définitions, etc.) travaille en profondeur tout dictionnaire
DNP-1.1.3. / les identités linguistiques ou sémantiques postulées par le dictionnaire occultent et refoulent son identité propre - dans le pire des cas celle-ci est projetée sur la totalité encyclopédique, caricature de l'unité philosophique elle-même

DNP-1.2.0. / l'auto-diction philosophique et le paradoxe de Voltaire

DNP-1.2.1. / l'idée du dictionnaire philosophique est le résultat d'une triple généralisation
DNP-1.2.2. / le concept pleinement philosophique du dictionnaire implique qu'il y aille du dictionnaire lui-même dans son déploiement
DNP-1.2.3. / l'identité proprement "technique" du dictionnaire, en mode philosophique, oscille entre le scientifique régional et le philosophique fondamental - cette identité partagée vaut comme symptôme d'une "autre" identité, en mode non-philosophique
DNP-1.2.4. / le langage-objet et le métalangage, le dict et le méta-dict sont reliées circulairement, en ce sens que les définitions d'objet peuvent fonctionner en même temps comme métalangage de l'ordre présidant apparemment à leur exposition
DNP-1.2.5. / lorsque le dictionnaire se présente expressément comme "philosophique", il tombe sous le coup du "paradoxe de Voltaire", en ce sens qu'il ne possède pas de fait (dans le "rationnel") l'essence philosophique (le "raisonné") qu'il reçoit de droit
DNP-1.2.6. / lorsque c'est la dimension scientifique qui est mise en avant, le méta-dict philosophique est projeté dans chaque dict-objet scientifique à la manière positiviste (ce qui n'en fait pas pour autant un dictionnaire scientifique de la philosophie)
DNP-1.2.6. / un dictionnaire "gödelien" sera positiviste dans le pire des cas et déconstruit dans le meilleur
DNP-1.2.7. / l'"auto-diction" peut désigner cette convertibilité philosophique du dit-objet et du méta-dict

DNP-1.3.0. / de l'auto-diction à la force (de) diction

DNP-1.3.1. / à l'auto-diction, le dictionnaire non-philosophique substitue l'identité de-dernière-instance du dict-objet et du méta-dict, chaque terme premier se trouvant déterminé en-dernière-instance par cette identité
DNP-1.2.2. / cette "force (de) diction" ne se laisse pas elle-même déterminer par l'ordre lexical ou une quelconque articulation de type philosophique, dialectique ou différentielle - c'est l'identité-de-dernière-instance de l'identité réelle et de la pulsion de diction
DNP-1.2.4. / le dictionnaire non-philosophique confère une universalité radicale et non-encyclopédique aux significations
DNP-1.2.5. / il peut être à la fois "non-philosophique" et "de non-philosophie", au-delà de toute contradiction performative : il fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait

DNP-1.4.0. / la décapitalisation des savoirs et les mots de l'Etranger

DNP-1.4.1. / substituer une théorie unifiée à la circularité unitaire de l'encyclopédie
DNP-1.4.2. / substituer une force (de) travail (ici de diction) à la capitalisation du savoir
DNP-1.4.3. / il s'agit de parvenir à une égalité-sans-hiérarchie des concepts, une équivalence "non-monétaire" ou leur valence non-philosophique
DNP-1.4.4. / la non-philosophie utilise des symboles non-conceptuels qui sont autant d'identités déterminées en-dernière-instance par la non-suffisance du Réel
DNP-1.4.5. / fonder une égalité démocratique des termes, plutôt qu'une hiérarchie politique des concepts, qui soit l'ordre non-politiuqe des sujets-Etrangers, un langage vraiment universel pour toutes les philosophies de ce Monde


DNP-2.0.0. / DICTIONNAIRE


DNP-2.1.0. / AUTONOMIE RELATIVE

DNP-2.1.1. / désigne l'ordre des réalités transcendantes par opposition à l'autonomie radicale caractérisant l'immanence de l'Un-en-Un
DNP-2.1.2. / ces notions d'autonomie relative et absolue trouvent un sens théoriquement (relativement) fondé dans le marxisme
DNP-2.1.3. / la transcendance doit être donnée avec l'immanence - mais ce n'est pas le même mode d'être-donné
DNP-2.1.4. / le Réel se définit aussi par une propriété transcendantale d'unilatéralité-de, qui se dit du donné empirique valant comme cause occasionnale et fonction-support de toute théorie possible


DNP-2.2.0. / AUTO-POSITION

DNP-2.2.1. / acte décisionnel par lequel la foi philosophique se pose elle-même hallucinatoirement comme le Réel
DNP-2.2.2. / déjà tout concept philosophique tend à se poser lui-même en se redoublant - dette séculaire de la philosophie envers la perception comme sa structure originelle, et au transcender comme son organon naturel
DNP-2.2.3. / la vision-en-Un suspens la foi-au-réel et défait la suffisance des dyades philosophiques, au moyen d'une Identité transcendantale clonée à partir de l'Un divisé de la philosophie


DNP-2.3.0. / AUTRE (NON-AUTOPOSITIONNEL, TRANSCENDANCE NON-THETIQUE)

DNP-2.3.1. / mode de la force (de) pensée correspondant au matériau-symptôme de la transcendance philosophique
DNP-2.3.2. / les trois époques de l'Autre comme 1) identique au pur Multiple (Platon), 2) existence irréductible au pur logique (Kant), 3) transcendance réelle ou altérité absolue (Lévinas)
DNP-2.3.3. / distinguer entre une transcendance primaire de pure extériorité et une altérité de transcendance réelle
DNP-2.3.4. / l'expérience de l'altérité est le symptôme d'une transcendance non-autopositionnelle, irréductible au renversement lévinassien ou à la différance derridienne
DNP-2.3.5. / l'Un et l'Autre sont sans rapport d'appartenance ou de réciprocité - le contenu immanent de l'Un est seulement l'Un
DNP-2.3.6. / la non-philosophie distingue (maintenant) trois couches dans la généralité de l'Autre, en rapport respectivement avec l'Un, avec la Distance non-thétique, et avec l'altérité comme dimension éthique de l'exister-Etranger


DNP-2.4.0. / AXIOMATIQUE TRANSCENDANTALE

DNP-2.4.1. / méthode de formation des termes premiers non-philosophiques à partir du vocabulaire philosophique
DNP-2.4.2. / procédé plutôt scientifique que philosophique, l'axiomatique met en exergue la valeur logique d'une théorie au détriment de son contenu empirique - mais sous cet aspect formel, elle vient après-coup et reste limitée (Gödel)
DNP-2.4.3. / l'axiomatique non-philosophique est transcendantale (ni formelle, ni ontologique) et radicalement universelle (sans distinguer entre généralité et totalité) - déterminée-en-dernière instance par le Réel, elle use aussi bien de la science que de la philosophie
DNP-2.4.4. / il ne s'agit pas d'une réduction logiciste ou positiviste de la philosophie


DNP-2.5.0. / CHORA NON-PHILOSOPHIQUE

DNP-2.5.1. / désigne le lieu de la foi philosophique supposée le Réel après son unilatéralisation par la vision-en-Un
DNP-2.5.2. / chôra signifiait chez les grecs l'espace ou la matière première, s'approchant du sens de "chaos"
DNP-2.5.3. / il ne s'agit plus maintenant du Lieu naturel de la philosophie, mais de l'identité réduite de ce Lieu, premier corrélat de la vision-en-Un
DNP-2.5.4. / c'est le Lieu donné par le sans-Lieu et non plus auto-donné par la philosophie, une position non-positionnelle (de) soi du Monde


DNP-2.6.0. / COUPURE (EPISTEMIQUE, NON-PHILOSOPHIQUE)

DNP-2.6.1. / le coupure épistémique (non-épistémologique) se dit de l'identité-en-dernière-instance, non-unitaire et sans synthèse, de science et de la philosophique
DNP-2.6.2. / la coupure de type philosophique coupe "avec" un état antérieur et en conserve la structure de dyade et d'unité par synthèse
DNP-2.6.3. / 1) en non-philosophie la coupure est seconde par rapport au Réel, 2) et même par rapport à la dualité du Réel et de la philosophie, 3) elle vaut de l'instance a priori mais non de l'instance transcendantale, 4) même intriquée à l'indécidable, la décision philosophique reste une coupure, à la différence de la décision non-philosophique déterminée-en-dernière-instance par l'Indécidé


DNP-2.7.0. / DECISION PHILOSOPHIQUE

DNP-2.7.1. / invariant structural principal de la philosophie synonyme de mélange et d'unité-des-contraires
DNP-2.7.2. / dans la tradition philosophique la décision est un acte de jugement - elle mobilise des fonctions empirico-transcendantale hiérarchisées - partiellement déconstruits par les philosophies de la Différence
DNP-2.7.3. / c'est une opération de transcendance hallucinatoire plaçant le réel-Un dans l'unité (plus ou moins différée) des contraires, et finalement dans la philosophie elle-même (principe de philosophie suffisante)


DNP-2.8.0. / DEFINITION (NON-PHILOSOPHIQUE)

DNP-2.8.1. / identité-en-dernière-instance d'un nom propre et d'un terme premier
DNP-2.8.2. / en général une définition pose l'équivalence d'un terme et d'une suite suite de termes explicitant la signification du premier
DNP-2.8.3. / la définition non-philosophique substitue à cette équivalence (toujours unitaire et visant un réel) une identité-de-dernière-instance entre le nom du réel et un nom premier formé à partir du matériau philosophique
DNP-2.8.4. / l'Un réel n'est pas directement impliqué dans la définition qui se cantonne au niveau transcendantal : elle se dit selon l'Un à propos d'un Etant qui lui est rapporté en-dernière-instance - la définiton non-philosophique d'un terme philosophique lui offre une nouvelle effectivité grâce une plus grande traductibilité dans différents systèmes philosophiques


DNP-2.9.0. / DEMOCRATIE (DEMOCRATIE-DES-ETRANGERS)

DNP-2.9.1. / structure même de la pensée non-philosophique en tant qu'elle pose l'égalité transcendantale de deux termes unifiés (par ex. fondamental et régional, philosophique et scientifique)
DNP-2.9.2. / la philosophie fait de la démocratie son objet ou son problème (et la manque pour cela), en termes de relations inter-individuelles mondaines et plus précisément "politiques" (dans la Cité) fondées sur les notions de réciprocité et de contrat (social)
DNP-2.9.3. / comme mode de connaissances produites par la force (de) pensée, la démocratie se fonde sur une dualité unilatérale du type : je suis... donc je suis un Autre, ou Autrui-L'Etranger n'est que l'organon transcendantal de l'Ego, soit la multitude démocratique des Etrangers
DNP-2.9.4. / l'Etranger dualyse et détourne toute forme de conditionnement autoritaire de la loi universelle - à la violence de la démocratie étatique il substitue le théorico-pragmatique humain-de-dernière-instance


DNP-2.10.0. / DESIR (NON-DESIRANT (DE) SOI)

DNP-2.10.1. / le désir est l'aspect de réalité de la jouissance, second par rapport à celle-ci (elle-même déterminée par le Joui-sans-jouissance)
DNP-2.10.2. / désir-essence de l'homme en philosophie - désir triadique en psychanalyse - désir-créativité dans la schizoanalyse
DNP-2.10.3. / la cause désir n'est plus le réel comme manque ou castration mais le joui-sans-jouissance
DNP-2.10.4. / le désir non-psychanalytique est cloné du désir (de soi, de l'Autre...) pgilosophico-analytique


DNP-2.11.0. / DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE (DDI)

DNP-2.11.1. / causalité spécifique de l'Un (ou du Réel) en vertu de sa primauté radicale sur la pensée - elle s'exerce aussi bien sur les data philosophiques que sur les structures noématiques universelles qu'une pensée selon-l'Un est capable d'en tirer
DNP-2.11.2. / la philosophie ne connaît que la détermination réciproque et les modes d'une causalité ontologique en général
DNP-2.11.3. / comme causalité de l'immanence radicale, la DDI n'est jamais 1) divisée sur deux termes, 2) déterminée par son occasion, 3) à double sens (elle va à sens unique de l'immanence vers la transcendance, ou du Réel vers l'effectivité), 3) une continuité aliénante entre la cause et son effet (n'étant que condition négative universelle, elle suppose une instance transcendantale "intermédiaire" pour agir)
DNP-2.11.4. / la causalité de l'Un suppose toujours une extériorité occasionnelle, tellement que la pensée selon-l'Un qui en découle est extérieure à lui tout en restant depuis toujours affectée par l'Un, c'est-à-dire causée par lui "en-dernière-instance" en tant que seule cause réelle - cause irréductible et inobjectivable, de sorte l'Un et un donné = X quelconque ne sont jamais le Même mais identiques en-dernière-instance "seulement"
DNP-2.11.5. / la DDI a deux conséquences : 1) l'unilatéralisation, soit l'invalidation de toute pensée circulaire prétendant à la connaissance du Réel, 2) l'unidentification, soit la marque de l'Un laissée sur le divers philosophique lui-même : c'est proprement le clonage des Identités non-philosophiques, à partir de l'Un et sur la base du matériau philosophique


DNP-2.12.0. / DIEU-SANS-L'ETRE

DNP-2.12.1. / identité humaine en-dernière-instance (de) "Dieu" et symbole principal d'une non-théologie
DNP-2.12.2. / en philosophie, Dieu est le principe d'une clôture du langage onto-théo-logique (Etre/Etant, Un/Multiple) - l'expression "Dieu sans l'être" (J.L. Marion) témoigne d'une tentative récente d'identifier Dieu à un Autre non-thétique

DNP-2.12.3. / l'identité de Dieu dans une vision-en-Un est celle d'une transcendance absolue (hauteur et non seulement extériorité), dans laquelle Dieu ne se confond jamais avec l'Un


DNP-2.13.0. / DISTANCE (NON-PHENOMENOLOGIQUE OU NON-AUTOPOSITIONNELLE)

DNP-2.13.1. / la distance non-phénoménologique est le dernier a priori de la force (de) pensée extrait de la transcendance de type philosophique
DNP-2.13.2. / en philosophie la "distance" est un concept critique servant à distinguer des types d'espaces, ou bien de façon non topologique, à distendre ces critères sur le mode du retard ou de la différance
DNP-2.13.3. / en tant que non-autopositionnelle, la Distance ou l'Extériorité n'est plus que l'essence de la transcendance et plus particulièrement de l'apriorité qui donne son caractère d'organon à la force (de) pensée


DNP-2.14.0. / DONNE-SANS-DONATION

DNP-2.14.1. / l'Un ou le Réel vu sous l'angle de la donation, synonyme d'immanence (à) soi forclose à toute opération de manifestation ou même de pensée - la Donation est ensuite déterminée-en-dernière-instance par le Donné
DNP-2.14.2. / en philosophie, la différence même du donné et de la donation sert à penser la manifestation du Réel, parfois identifié au don lui-même ou à sa possibilité originelle
DNP-2.14.3. / l'amphibologie du donné et de la donation devient un simple matériau à dualyser pour la non-philosophie
DNP-2.14.4. / le réel-Un comme Donné est le phénomène lui-même
DNP-2.14.5. / la Donation qui succède au Donné est l'essence transcendantale de la penséee
DNP-2.14.6. / la non-philosophie ne manifeste pas l'Un lui-même, mais l'essence (en-Un) de la pensée


DNP-2.15.2. / DUAL

DNP-2.15.1. / le dual définit l'ordre général issu de l'être-forclos de l'Un et l'irréversibilité qui en découle, générant dualité unilatérale et clonage - contraire par excellence du Mixte comme forme de la philosophie-Monde
DNP-2.15.2. / la philosophie réduit le dual à un couple de contraires, généralement unifiables ou réversibles
DNP-2.15.3. / le dual s'appuie avant tout sur la forclusion de l'Un : il signifie moins une double donation que la forclusion du donné-sans-donation à la donation-du-donné

DNP-2.15.4. / la pensée du dual n'est pas décidable depuis la philosophie : son autonomie est radicale (sans être absolue)
DNP-2.15.5. / le dual introduit une ouverture de pensée uni-verselle ordonnée au seul Réel
DNP-2.15.6. / le dual se distingue évidemment du dualisme comme position philosophique, mais aussi de la dualité unilatérale qui s''établit non pas directement depuis l'Un mais entre le Monde et les clones de l'Un


DNP-2.16.0. / ESSENCE REELLE

DNP-2.16.1. / désigne l'instance des phénomènes radicaux tels qu'ils peuvent être saisis par la pensée
DNP-2.16.2. / l'essence en philosophie renvoie à une idéalité, construite sur la différence de l'essence et de l'existence
DNP-2.16.3. / il ne s'agit pas de la possibilité transcendantale mais, ici seulement, de la détermination-en-dernière-instance - mais toutes les formes philosophiques mixtes de l'essence (a priori, forme, sens, etc.) sont dualysables


DNP-2.17.0. / ESSENCE (DE) SCIENCE (LA SCIENCE)

DNP-2.17.1. / objet spécifique de la Science première ou Théorie unifiée de la pensée, tant qu'elle ne réduit pas la Science à une production de connaissances comme le fait la philosophie
DNP-2.17.2. / la philosophie peut reconnaître une forme métaphysique et platonicienne de l'essence de Science (l'Idée de Science), voire sa négation nihiliste et post-moderne (les formations de pouvoir-savoir), mais dans tous les cas elle prétend légiférer sur cette essence
DNP-2.17.3. / l'essence (de) science est étrangère à ce mixte typiquement philosophique de décision ontologique sur le plan général, et de fétichisation de certaines connaissances ou théories scientifiques locales
DNP-2.17.4. / à la fois la science de l'essence (de) science préserve son objet réel et elle utilise les datas épistémologiques pour redéfinir cette identité à partir d'opérations théoriques de type "unifié"
DNP-2.17.5. / du côté du Réel, l'essence (de) science apparaît comme "force (de) pensée", c'est-à-dire identité-en-dernière-instance de la théorie-science et de la pragmatique-philosophie - du côté de l'objet elle représente le sens(d')identité de la Différence épistémo-logique


DNP-2.18.0. / ETRANGER (SUJET-EXISTANT-ETRANGER)

DNP-2.18.1. / désigne l'homme en tant que sujet existant (pas seulement immanent-réel), en rapport occasionnal avec le Monde mais non "du" Monde, clone d'Autrui mais non opposé à lui
DNP-2.18.2. / pour la philosophie, l'Etranger reste un autre que moi, un alter ego face à moi, foncièrement en manque ou en déficit d'identité, fût-il l'Autre homme radical à la manière de Levinas - jamais elle n'envisage que l'Homme ou le moi puisse être l'Etranger lui-même
DNP-2.18.3. / le sujet n'existe dans sa fonction transcendantale (à partir de cette occasion qu'est le Monde) que déterminé-en-dernière-instance par l'Ego réel immanent
DNP-2.18.4. / on comprend alors que le Moi et l'Autre, l'Ego et l'Etranger ne sont pas opposables, mais identiques -en-dernière-instance - la démocratie, donnée ainsi dans les conditions réelles de la pensée, forme une Cité transcendantale Etrangère au Monde (= hérétique), quoi que clonée à partir de ce Monde


DNP-2.19.0. / ETRE-EN-UN (ETRE-SELON-l'UN)

DNP-2.19.1. / l'Etre est une instance du (non-)Un venant "après" l'Identité transcendantale mais "avant" l'Etant que constitue le donné philosophique : c'est la transcendance ou la Distance non-auto-positionnelle de la force (de) pensée
DNP-2.19.2. / d'où vient l'"Etre", classiquement, sinon de l'étant pensé comme meta (transcendance) auquel vient s'ajouter la thématisation (spéculative) du meta lui-même ?
DNP-2.19.3. / l'Etre en tant qu'Etre reste l'horizon indépassable de toute philosophie - même quand elle thématise plutôt l'Etant, voire l'Un ou l'Autre - parce qu'il est son présupposé originel - l'Etre est langage, discours, auto-position de la philosophie elle-même
DNP-2.19.4. / une non-ontologie prendra pour objet-matériau l'ontologie et la métaphysique traitées par la dualité spécifique du (Non-)Un entre une Identité transcendantale et une identité a priori, dualité unilatérale qui est la force (de) pensée en tant que Sujet, et qui désormais tient lieu de l'Etre
DNP-2.19.5. / le Sujet peut se dire "Etre-en-Un" ou "donné en-dernière-instance-en-Un" ("en-dernière-instance" seulement puisqu'il est cloné de l'Etre métaphysique et non produit directement par l'Un).


DNP-2.20.0. / EUROPANALYSE

DNP-2.20.1. / il s'agit moins d'une non-phénoménologie ou d'une non-philosophie de la phénoménologie que d'une méthode phénoménologique d'auto-analyse en l'Interne, soit une pensée de l'Un plutôt qu'une pensée selon l'Un
DNP-2.20.2. / l'"Europe-philosophie" désigne toutes les approches réflexives et synthétiques du concept d'Europe
DNP-2.20.3. / l'europanalyse inaugure un régime de pensée basé sur l'immanence de l'impression, une pensée de l'"In" surmontant la coupure de l'intérieur et de l'extérieur
DNP-2.20.4. / à la dualité perceptive et au couple vicieux perception-conception qui caractérise la philosophie, se substitue le concept d'endoception comme intuition interne déspatialisée et désidéalisée
DNP-2.20.5. / l'Univers interne se laisse décrire au moyen d'un langage lui-même impressif mais transmissible, et d'une méthode dite "en zigzag"
DNP-2.20.6. / l'identité de l'analyse portant sur le réel et de l'autoanalyse du réel définit l'"homme immense"
DNP-2.20.7. / la "science première" se fait ici préscience et généalogie de la science - au titre de l'induction analytique, elle elle affirme l'identité de dernière instance de la donation et de la réduction - elle radicalise aussi le concept d'Un-Multiple en incorporant l'Autre à l'Un, devenu par intégralisation l'Ouvert d'Homme ou af-fec


DNP-2.21.0. / EXPERIMENTATION

DNP-2.21.1. / la non-philosophie expérimente son propre système d'hypothèses via l'objet philosophie réduit à l'état d'occasion et de matériau
DNP-2.21.2. / la philosophie, même lorsqu'elle veut penser "expérimentalement", ne peut que corréler dans un mixte unitaire l'hypothèse et l'expérimentation, sans reconnaitre l'identité de l'une et de l'autre
DNP-2.21.3. / la forme hypothèse est conservée dans son identité, sans être convertie avec le Réel, et l'expérimentation est maintenue dans son autonomie relative et sa nécessité sans interagir en retour sur le transcendantal 
DNP-2.21.4. / une pensée transcendantale comme la non-philosophie ne peut se passer d'expérimentation, mais elle maintient la dualité unilatérale du transcendantal et de l'empirique, évitant ainsi le cercle épistémologique


DNP-2.22.0. / INCONSCIENT

DNP-2.22.1. / l'inconscient non-psychanalytique est la dimension syntaxique de la jouissance, dont le désir est la dimension de réalité
DNP-2.22.2. / chez les philosophes, l'inconscient désigne premièrement un mode - négatif ou privatif - de la représentation (Descartes, Leibniz), quand ce n'est pas son corrélat opposé (Schopenhauer, Nietzsche) - en vertu de cette filiation philosophique du sujet de l'inconscient (affirmée haut et fort par Lacan), on se doit de considérer cette notion comme l'axe majeur du complexe philosophico-analytique
DNP-2.22.3. / l'inconscient transcendantal de la non-psychanalyse n'est pas déterminé par le signifiant et l'autonomie du symbolique : il est l'identité de la jouissance et d'une dualité unilatérale
DNP-2.22.4. / ici le signifiant étant dual ou unilatéral, il ne représente aucun sujet de l'inconscient mais la jouissance elle-même - une tel sujet ne ferait d'ailleurs 
que forclure la jouissance


DNP-2.23.0. / FORCE (DE) PENSEE (SUJET-EXISTANT-ETRANGER)

DNP-2.23.1. / instance transcendantale produite par clonage permettant à l'Un d'agir de manière unilatérale
DNP-2.23.2. / le concept marxiste de "force de travail" est l'un de ses symptômes philosophiques : il désigne l'énergie humaine et individuelle irréductible à ses résultats ou à ses rendements
DNP-2.23.3. / philosophiquement, la "pensée" reste une généralité induite empiriquement de diverses facultés allant de l'intuition à l'auto-réflexion - l'expérience de la pensée reste grevée par un dernier contenu intuitif, même assimilée à un acte ou dérivant d'une différance originaire (l'Impensé)
DNP-2.23.4. / tandis que la-pensée est une généralité auto-fétichisée aliénant le réel, la force (de) pensée est la réalité de la pensée en tant que celle-là ne s'aliène pas dans celle-ci
DNP-2.23.5. / la force (de) pensée est une extériorité universelle qui sert d'organon à l'Un - biface, elle comprend l'Identité transcendantale (clonée selon l'Un) et l'Identité apriorique (tournée vers l'expérience) - la "force" ne désigne ici rien d'énergétique mais simplement l'effectuation concrète de l'uni-versalité immanente de la vision-en-Un


DNP-2.24.0. / FRACTALITE GENERALISEE

DNP-2.24.1. / autre nom possible de la structure unilatérale des représentations non-philosophiques - en l'occurrence il s'agit d'une uni-versalisation radicale de la théorie physico-géométrique des "fractales" de Mandelbrot - elle dégage une identité factale de la philosophie, d'où s'ensuit l'invention et la pratique d'une "philosophie artificielle"
DNP-2.24.2. / la philosophie a effectué sa propre généralisation (empirico-transcendantale) de la fractalité, comme toujours en isolant et en fétichisant certains acquis théoriques, présentés comme des "faits" transcendants
DNP-2.24.3. / L'uni-versalisation de la fractalité doit être vue comme une modélisation théorico-expérimentale, comparable à celle de Mandelbrot mais sous condition de la vision-en-Un et avec un champ d'application élargi à la Philosophie elle-même
DNP-2.24.4. / le principe mandelbrotien d'homothétie interne est remplacé par celui d'identité-de-dernière-instance, le concept d'irrégularité le cède à celui d'unilatéralité, et l'objet géométrico-physique s'étend au langage naturel dans "tous ses états" - il en résulte un ensemble ouvert, un uni-vers de connaissances fractales réellement universelle reflétant adéquatement l'Un


DNP-2.25.0. / GENERALISATION (GENERALISATION ET UNI-VERSALISATION)

DNP-2.25.1. / opération fondamentale de la connaissance non-philosophique qui consiste à remanier une structure de représentation philosophique en fonction du Réel de-dernière-instance
DNP-2.25.2. / la philosophie généralise par autoposition et autoréflexion toutes les abstractions issues du sol gréco-occidental - dans sa vision unitaire et systématique, elle amplifie surtout les interactions réflexives - la philosophie moderne a mis en place deux simulacres de généralisation : 1) Hegel a extrapolé au maximum la logologie et les effets de symétrie, évinçant l'immanence réelle, 2) le 20è siècle a tenté au contraire d'interpoler ou de désintégrer, sous la guise de l'Autre plutôt que de l'Etre - mais parce qu'elle confond justement l'universalité avec généralité et totalité, la généralisation philosophique ne parvient jamasi à l'uni-versalisation
DNP-2.25.3. / la généralisation non-philosophique n'est pas négation mais suspend unilatéralisant des prétentions de la philosophie sur le Réel - elle extrait des identités à partir de la philosophie, par un double procédé d'unilatéralisation et d'unidentification qui est uni-versalisation réelle - tout ce qui est donné-en-Un l'est sur le mode de l'uni-versalité immanente de l'Un, ou est donné en-dernière-instance, telle une identité tournée-vers... X (en tant que X est) - il est ainsi possible de constituer à partir des termes de la philosophie une axiomatique transcendantale de termes premiers uni-versels en-dernière-instance
DNP-2.25.4. / la réflexion philolosophique avec ses références intuitives apparaît comme le symptôme d'une pensée atopique non-réflexive, uni-latérale - l'objectivité fractale-réelle rectifie et généralise les connaissances en réajustant leurs clôtures sur l'Autre uni-versel et son identité non-représentationnelle - il s'agit de simuler les énoncés philosophiques par les moyens non-philosophiques d'une fractalité généralisante, et de produire des "énoncés de synthèse" irréductibles aux synthèses réflexives et pour cela capable de les expliquer


DNP-2.26.0. / HOMME (LES HUMAINS)

DNP-2.26.1. / contrairement à l'Ego philosophique, l'Ego-homme est forclos aux sujets, mais ceux-ci, qui le pré-supposent, effectuent son uni-versalité pour le Monde
DNP-2.26.2. / l'homme de la philosophie est un hybride qui doit autant à la dyade antropoïde grecque qu'à la "créature judéo-chrétienne - la philosophie méconnaît l'homme ordinaire, l'homme rien-qu'homme
DNP-2.26.3. / la non-philosophie s'effectue aussi bien dans le langage d'une science-des-hommes, bien distincte des sciences-de-l'homme - mais le conflit de la philosophie et des sciences humaines ne peut trouver d'issue que dans une autre conception de l'homme - l'homme selon la non-philosophie est un être-Inséparé (de) soi, et donc Séparé-sans-séparation du Monde - l'homme n'est rien d'autre que le Réel forclos à la philosophie - l'humain contraint la pensée à se faire axiome et à renoncer à la suffisance


DNP-2.27.0. / HYPOTHESE (PHILOSOPHER-PAR-HYPOTHESE)

DNP-2.27.1. / désigne un usage de la non-philosophie prenant en compte la multiplicité de droit des décisions philosophiques
DNP-2.27.2. / les historiens de la philosophie n'ont jamais fait qu'enregistrer et travailler sur l'hypothèse d'une multiplicité empirique des philosophies
DNP-2.27.3. / une pratique de la philosophie "par hypothèse" fait de chaque position philosophique exclusive et suffisante une Identité transcendantale légitime en tant qu'hypothèse
DNP-2.27.4. / la non-philosophie modifie bien la pratique de la philosophie elle-même comme celle des sciences connexes
DNP-2.27.5. / la philosophie continue comme l'une des formes de la non-philosophie


DNP-2.28.0. / IMMANENCE RADICALE

DNP-2.28.1. / l'immanence radicale ou immanence (à) soi équivaut à l'Un-en-Un et implique la vision-en-Un uni-verselle en tant forclose à la pensée ou au Monde
DNP-2.28.2. / la dyade immanence/transcendance, où chaque terme relativise l'autre, est l'un des opérateurs fondamentaux de la philosophie - tant que l'immanence n'est pas donnée comme un présupposé réel, toute tentative de réduire la transcendance à l'immanence souffre de réversibilité... et donc se fait à l'aune de la transcendance
DNP-2.28.3. / les "philosophies" de l'immanence radicale (M. Henry par ex.) se posent justement comme pensées de l'immanence et font s'équivaloir pensée et immanence - or une pensée n'est réellement immanente que lorsqu'elle procède selon l'immanence (non pas d'elle-même mais du Réel forclos à la pensée), c'est-à-dire axiomatiquement et par clonage des éléments philosophiques


DNP-2.29.0. / LANGAGE-UNIVERS

DNP-2.29.1. / le langage-univers est l'identité (du) langage-monde ou Logos, c'est-à-dire le clone du mixte philosophique de la pensée et du langage
DNP-2.29.2. / dans son usage philosophique le langage est doté d'une fonction d'ouverture ontologique
DNP-2.29.3. / la non-philosophie traite le langage comme un matériau inerte quant à ses propriétés de Logos, puisqu'il est déterminé en-dernière-instancee par l'Un
DNP-2.29.4. / s'il est nécessaire à la formulation axiomatique de l'Un et de la force (de) pensée, le langage n'est pas constitutif de l'essence de l'Un - le langage est révélé par la non-philosophie comme un mode du (non-)Un, d'autant mieux capable de décrire l'Un de multiples façons qu'il n'intervient jamais dans son essence - les descriptions axiomatiques de l'Un et des instances du (non-)Un forment des "langages uni-vers", soit des clones produits à partir du logos ou du langage-monde


DNP-2.30.0. / METASCIENCE

DNP-2.30.1. / ce sont les discours philosophiques ayant pour objet l'essence ou la fondation de la science, de même que les études critiques, épistémologiques et historiques des sciences, mais traités à leur tour comme objets-matériaux pour la Science première
DNP-2.30.2. / toute philosophie se reconnaît le droit de légiférer sur la science et se définit au moins implicitement comme métascience
DNP-2.30.3. / étant donné le contenu et le statut à la fois philosophiques et non scientifiques de la métascience, il est clair que l'approche non-philosophique de celle-ci suppose la priorité de la science sur la métascience
DNP-2.30.4. / la généralisation non-philosophique se propose de révéler 1) la similitude entre les programmes de fondation formaliste et logiciste et ces programmes de fondation de la science en général que sont les classiques "philosophies de la science", 2) la similitude entre l'intervention gödelienne sur la métamathématique et la réduction non-philosophique des discours métascientifiques en général par une "science première", identiquement science de la métascience et de la philosophie, 3) le caractère finalement hallucinatoire de la métascience au regard de l'essence de la science
DNP-2.30.5. / il ne s'agit plus de dénier tout "métalangage" : il y a une métascience et donc du métalangage (et pas seulement sous forme d'"effets" textuels) mais dont la suffisance (ou validité absolue) est d'emblée suspendue par une science non-suffisante de la métascience qui se justifie en-dernière-instance de l'immanence du réel


DNP-2.31.0. / MIXTE

DNP-2.31.1. / autre nom premier pour la Décision philosophique en tant que fondée sur la réversibilité comme structure ou tendance-limite du mélange
DNP-2.31.2. / le mixte n’est pas seulement la forme de tout objet ou de tout matériau pour la philosophie, il constitue aussi sa propre auto-position, son propre point de vue en général
DNP-2.31.3. / la non-philosophie généralise et manifeste l’identité (de) mixte – elle montre que toute philosophie obéit nécessairement à une règle structurale et transcendantale qui est l’unité des contraire
DNP-2.31.4. / des indications anciennes et contemporaines sur le mixte comme objet et comme forme de la philosophie, la non-philosophie fait des symptômes dont elle extrait l’identité (de) mixte
DNP-2.31.5. / comme volonté de soi, le mixte philosophique croit pouvoir se penser lui-même – c’est donc le lieu par excellence de l’illusion transcendantale et même d’une « apparence réelle » encorfe plus profonde que l’apparence dialectique transcendantale (Kant) parce que c’est l’apparence de la philosophie elle-même et pas seulement celle de la métaphysique


DNP-2.32.0. / MONDE

DNP-2.32.1. / comme la philosophie est la forme pure et générale du Monde, le Monde est l’objet immanent de la philosophie – « pensée-monde » désigne l’identité de ce mixte (et plus seulement ce mixte pensé depuis lui-même, de manière intra-philosophique)
DNP-2.32.2. / la philosophie a toujours eu une affinité spéciale avec le Monde comme sa dimension originaire (les Grecs et Kant) jusqu’à se réciproquer avec lui (Marx, le devenir-monde de la philosophie, le devenir-philosophie du Monde)
DNP-2.32.3. / la distinction du Monde et de l’Un (ou de l’homme) est au cœur de la non-philosophie – sa dimension duale – le Monde est l’Autorité des Autorités alors que l’Un définit l’ordre des Minorités ou des Etrangers – en ce sens, le Monde est radicalement transcendant à l’essence-Un de l’homme, et nous ne sommes pas au-monde
DNP-2.32.4. / dual(ité) unilatéral(e) : cette expression signifie qu’il n’existe pas de réversibilité de la donation du Monde et du donné de l’Un, contrairement au postulat de la pensée unitaire
DNP-2.32.5. / la vision-en-Un manifeste la pensée-monde comme une sorte de forclusion du Réel qui ne saurait oublier celui-ci mais seulement l’halluciner et du coup halluciner son rapport de forclusion comme simple « oubli »
DNP-2.32.6. / ainsi la non-philosophie échappe à la haine fascinée du Monde (la philosophie) qu’elle prend « tel quel », lui reconnaissant un « droit d’exister » au moins « occasionnal »


DNP-2.33.0. / MULTIPLE

DNP-2.33.1. / caractère de l’instance apriorique, la dernière dans la constitution de la force (de) pensée, comme transcendance ou Distance non-autopositionnelle – l’Extériorité, ramenée à son identité-de-dernière-instance-en-Un, est l’élément d’un multiple radical ou sans multiplicité (sans Unité pour le recouvrir ou l’ « ensembler »)
DNP-2.33.2. / toute théorie philosophique du Multiple ou bien de l’Un est structurée comme un mixte métaphysique d’Un et de Multiple – le multiple est aussi amphibologique que l’Un et pour les mêmes raisons, la dyade Un/Multiple, l’axe vertical croisant dans la métaphysique celui, horizontal, de l’Etre/Etant
DNP-2.33.3. / lorsque l’Un est reconnu lui-même comme « séparé », sans autre abstraction qu’axiomatique, de la structure à doublets croisés de la métaphysique, comme « séparé-sans-séparation », il n’est ni qualitatif (Plotin), ni quantitatif (Pythagore) ni qualitatif et quantitatif (Platon) – tout ce qui subit sa marque en tant que clone est pareillement protégé de ces aventures – c’est le cas du Multiple qui apparaît au dernier niveau de la force (de) pensée, après l’Un réel et l’Identité transcendantale, sous la forme d’une Extériorité non-autopositionnelle 


DNP-2.34.0. / MYSTIQUE ORDINAIRE

DNP-2.34.1. / usage de la mystique en fonction de l’instance d’immanence radicale, de l’Un-en-Un, dite elle-même « le » mystique – le mystique, quoique forclos à la pensée, est la condition universelle négative de l’homme comme Etranger
DNP-2.34.2. / au sens philosophique courant, « mystique » désigne l’expérience d’un accès supposé immédiat et rationnellement impénétrable à une réalité d’ordre transcendant, une expérience de la transcendance donnée « en personne » sur le mode de l’immanence
DNP-2.34.3. / la non-philosophie réduit le mystique à désigner la seule immanence, mais devenue à elle-même sa propre donnée phénoménale ou le Réel même – la réduction de la transcendance, de son essence extatique et de ses modalités religieuses ne suspend que la mystique et le mysticisme, mais sauve le phénomène qu’est l’expérience mystique, et le fait déployer son universalité au cœur de la pensée – l’usage non-philosophique du langage n’aboutit pas à une hénologie négative, la négation ou le suspens du logos n’appartenant plus à l’essence de la cause réelle ou du mystique
DNP-2.34.4. / tandis que la philosophie appelle « mystique » le réel qu’elle approche sans pouvoir le pénétrer, la non-philosophie prend son départ dans le Réel même comme mystique donné-sans-donation et entreprend sur cette base, universelle quoique non-suffisante, de transformer notre rapport à la philosophie, à la science, à l’art – à la mystique elle-même


DNP-2.35.0. / NOEME – UNIVERS

DNP-2.35.1. / objet immanent de la force (de) pensée ou du sujet-Etranger qui, univerti vers et par celui-ci, s’y rapporte de manière non-intentionnelle comme son corrélat (unilat) de sens – la forme noématique universelle est une identité (en-dernière-instance) de sens
DNP-2.35.2. / dans la phénoménologie, le noème est le sens intentionnel d’un objet dans le Monde, pas encore le sens uni-versel (par universion) du Monde lui-même ou son identité pour le sujet-Etranger
DNP-2.35.3. / la réduction « réelle » de la suffisance philosophique transforme la pensée-monde en simple occasion du clonage par l’Un – l’état de « cause occasionnale » est ainsi le sens noématique en personne qui se dit de la pensée-monde


DNP-2.36.0. / NOESE UNIVERSELLE

DNP-2.36.1. / dimension non-réelle du sujet-Etranger, constituée de deux identités fonctionnelles (transcendantale et apriorique) clonées de la phénoménologie et supposant leur universalisation par l'Un - la noèse n'est pas, dans son essence, de la nature de la transcendance objectivante ou intentionnelle, mais de la nature uni-verselle d'un être-tourné-sans-retour-vers... (le Monde)
DNP-2.36.2. / la corrélation ou la semi-circularité de la noèse et du noème, c'est la dyade fondamentale de la décision phénoménologique
DNP-2.36.3. / le caractère fonctionnel et universel attribué à l'intentionnalité de conscience par Husserl est d'autant radicalisé que l'intentionnalité est ainsi originairement orientée vers le Monde lui-même en son identité noématique plutôt que vers l'objet dans l'horizon-de-monde, et déterminée par la dernière-instance de l'Un qui seule lui donne cette amplitude de l'uni-versalité - on substitue ainsi une noèse-univers à l'intention-monde de la phénoménologie en même temps qu'un noème-univers au noème-monde


DNP-2.37.0. / NOM PREMIER

DNP-2.37.1. / élément symbolique de l'axiomatique transcendantale, formé à partir d'un concept philosophique et entrant dans la constitution des axiomes qui décrivent l'Un
DNP-2.37.2. / un terme premier est ce qui résiste à toute régression conformément à l'exigence d'Aristote - par exemple le cogito - mais ces tentatives relèvent d'une axiomatique ontologique - en effets les termes premiers de la philosophie restent finalement intuitifs (intuition intellectuelle) et peuvent à tout instant être ré-introduits dans le cercle philosophique du donné et du démontré, des prémisses et des conséquences
DNP-2.37.3. / les termes premiers de la non-philosophie, qui décrivent l'Un principalement et le sujet-force (de) pensée, sont premiers au double titre de leur abstraction, seulement axiomatique, et de leur statut transcendantal
DNP-2.37.4. / ce sont des noms premiers, mais en-dernière-instance seulement, au sens où il n'y a pas de noms absolument propres - n'importe quel terme philosophique peut être traité comme un nom premier et inséré dans des axiomes - ce ne sont plus des mixtes de langage et d'Etre se disant de l'Un métaphysique à l'enseigne de la réversibilité des mots et des choses


DNP-2.38.0. / NON-DICTIONNAIRE

DNP-2.38.1. / collection d'univers non-auto-positionnels obtenue par la réitération d'une pragmatique universelle à un matériau de vocables philosophiques et régionaux
DNP-2.38.2. / alors que les dictionnaires philosophiques constituent un recensement, au nom de l'unité, des opinions multiples au sujet d'un présupposé-Etre ou (variante psychanalytique) d'un supposé-Autre, un dictionnaire non-philosophique traduit sans autre supposition la multiplicité réelle inhérente à la force (de) pensée à partir de la pluralité empirique des concepts


DNP-2.39.0. / NON-EPISTEMOLOGIE

DNP-2.39.1. / théorie unifiée de la science et de la philosophie en tant qu'elle prend pour objet et pour matériau le discours qui revendique un mixte particulier de science et de philosophie : l'épistémologie
DNP-2.39.2. / la philosophie reconnaît l'épistémologie de deux façons, qui ne sont pas toujours exclusives - elle peut la traiter comme une continuation de la philosophie des sciences classique, cristallisée autour de la question kantienne de la possibilité de la science - elle peut aussi la considérer comme une discipline relativement autonome, à la fois plus régionale et plus technique, extrêmement variée et multiforme quant à la nature et à l'ordre de grandeur de ses objets et de ses méthodes - l'avenir de l'épistémologie sous ces hypothèses apparaît comme devenir-réseau de son concept de science dans un système complexe, non-linéaire et instable
DNP-2.39.3. / la non-philosophie admet que l'on ne peut prendre pour objet la science à la façon dont le fait l'épistémologie qui lui impose une objectivation et une réduction philosophiques, parce que l'inexplicitation de ses concepts et une compréhension trop étroite, peu universelle de la philosophie, fait qu'elle travaille toujours sous les mêmes hypothèses livrées à la suffisance philosophique
DNP-2.39.4. / la dualysation de l'épistémologie en fonction de ses deux sources permet la libération de celles-ci comme ordres transcendantaux, leur unification sans hiérarchie ou non unitaire - en la transformant en matériau, la non-philosophie pourra faire usage de ces discours comme source de problèmes et de connaissances scientifiques et philosophiques nouveaux à l'occasion desquels philosophie et science travaillerons sur un pied d'égalité


DNP-2.40.0. / NON-EROTIQUE

DNP-2.40.1. / ensemble des modes d'approche et formulations non-philosophiques de la dualité et qui constituent le sujet-Etranger en sujet uni-sexe
DNP-2.40.2. / l'érotique philosophique tend à sexualiser la dualité, en lui imposant la forme dyadique de l'union des contraires
DNP-2.40.3. / de son côté, la psychanalyse promeut l'érotique du rapport-sans-rapport ou l'érotique de la contradiction
DNP-2.40.4. / comme Joui de part en part, donc sans l'arrière-monde de la jouissance, l'Un est (non-) érotique
DNP-2.40.5. / la vision-en-Un n'ignore certes pas l'horizon du Deux et du Multiple - c'est pourquoi elle s'apparaît comme Joui et détermine-en-dernière-instance la "différence sexuelle", clonant à partir de celle-ci un non-érotisme qui n'est pas la négation d'Eros mais la constitution de chaque humain en sujet uni-sexe - en ce sens tout sujet non-érotique est sexe-Etranger ou existe-sexuellement-Etranger - l'uni-sexe n'est pas l'indifférence marchande des sexes mais le sexe en tant qu'il fait de chaque sujet un Etranger


DNP-2.41.0. / NON-ESTHETIQUE

DNP-2.41.1. / se dit de l'application, sous plusieurs formes, de la démarche non-philosophique à la matière esthétique elle-même
DNP-2.41.0. / non-esthétiques : le pluriel désigne la fragmentation du grand texte traditionnel de la pensée de l'art, et l'extraction éventuelle d'esthétiques possibles, issues de généralisations particulières (non-bachelardienne, non-kierkegaardienne, non-baudelairienne, etc.) qui sont les symptômes encore philosophiques d'une non-esthétique universelle au sens radical de ce mot


DNP-2.42.0. / NON-ETHIQUE

DNP-2.42.1. / effectuation de la non-philosophie dans l'éthique-mond ou philosophique : c'est la théorie et l'usage de l'éthique adéquats à l'essence de l'homme comme immanence radicale ou malheur radical
DNP-2.42.2. / traditionnellement, l'éthique est soit science théorique du jugement moral, soit science pratique enseignant ce qu'il faut vouloir
DNP-2.42.3. / la non-éthique se présente identiquement comme une théorie ou une science et comme une pragmatique portant sur les doctrines, philosophiques et régionales, de la morale ou de la pratique - sur l'éthique-monde
DNP-2.42.4. / l'éthico-philosophique est mensonger, léthico-religieux anti-démocratique - d'autre part ils empêchent l'éthique de parvenir à poser un impératif réellement inconditionné puisque celui de la philosophie et celui du religieux-transcendant sont encore plus inconditionnés que celui de l'éthique - enfin ils subordonnent partiellement l'homme à l'éthique, à la philosophie et à la Loi - l'implication de l'éthique philosophique en particulier, c'est que la Loi est faite circulairement par et pour l'homme, donc réciproquement que l'homme est fait par et pour la Loi - cet idéalisme et ce volontarisme culminent dans la "vision morale du monde" (Kant et Fichte) où l'être de l'homme se résorbe dans l'obéissance au commandement ou bien dans le projet de la liberté
DNP-2.42.5. / la non-philosophie pose en revanche que l'homme est la cause immanente de l'éthique ou qu'il la détermine-en-dernière-instance - l'essence de l'homme agit comme cette cause lorsqu'elle prend la forme non pas de la volonté, mais du sujet-existant-Etranger, de la force (de) pensée dont la modalité éthique est ici non pas la Loi mais la force (de) loi - le malheur radical, le sujet-Etranger, la force (de) loi sont les concepts majeurs de la non-éthique, ils déterminent l'usage des éthiques théoriques et pratiques - cette formule étant déterminée par la seule essence réele de l'homme, la non-éthique est la limitation de la Loi et de l'éthique inhumaines au profit de l'homme, qui n'est plus défini comme être raisonnable c'est-à-die ultimement comme philosophe, mais comme "homme ordinaire" ou Etranger
DNP-2.42.6. / une seule chose est bonne, c'est-à-dire humaine et seulement humaine, dans le Monde et surtout hors du Monde, c'est-à-dire pour le Monde, c'est la force (de) loi exercée par l'Etranger


DNP-2.43.0. / NON-INTUITIF (NON-SPATIAL ET NON-TEMPOREL)

DNP-2.43.1. / mode d'être de la pensée produite par la force (de) pensée à partir des matériaux des représentations scientifiques et philosophiques, intuitives ou spontanément spatialisées et temporalisées
DNP-2.43.2. / l'ensemble de la philosophie renforce l'intuitivité spatiale de la pensée par son intuitivité temporelle (l'interaction redoublante du Chaos et du Logos), jamais complètement éradiquée dnas la mesure où la philosophie reste essentiellement une oeuvre de langage-monde
DNP-2.43.3. / la non-philosophie abandonne l'esprit différe(a)ntialiste, lequel ne sort pas réellement du doublet de l'empirique et du transcendantal ou du doublet de l'espace et du temps - le langage prend un rôle fonctionnel et non plus originaire, au service de la force (de) pensée - le langage est porté à l'état dit "non-conceptuel" du "mot-sans-langage" - il ne sert plus à nommer l'Etre et à faire apparaître son sens ultime universel (qu'il soit topologique ou temporal), mais il est transformé en réserve de termes ou de "noms premiers"qui entrent dans les axiomes formés sur les objets de la philosophie - la non-philosophie est le "choix" du Réel contre le choix philosophique de l'espace et du temps c'est-à-dire finalement de l'Etre


DNP-2.44.0. / NON-PHILOSOPHIE

DNP-2.44.1. / discipline autonome et spécifique de type identiquement scientifique et philosophique, qui décrit en-dernière-instance selon le réel-Un et au moyen de la philosophie et de la science considérées comme matériau, d'une part la force (de) pensée ou le sujet-existant-Etranger, d'autre part l'objet de celui-ci, l'identité (de) la pensée-monde
DNP-2.44.2. / la non-philosophie est considérée par la philosophie soit comme l'état d'immédiateté de l'opinion naïve et sensible (les jugements du sens commun), soit comme son autre qu'il reste à penser (les sciences, les technologies, la politique, les arts...), soit comme les présuppositions du philosophique lui-même (les innombrables "impensés") qui sont à leur tour philosophables
DNP-2.44.3. / la vision-en-Un est le "fil" transcendantal d'une pensée non-philosophique consistante et positive distincte de ce non-philosophique flottant
DNP-2.44.4. / la non-philosophie est une discpline autonome et spécifique qui possède ses concepts propres, ses opérations théoriques qui sont transcendantales par leur cause réelle ou en-Un, ses règles pragmatiques non-autopositionnelles, ses objets indécidables philosophiquement comme tels
DNP-2.44.5. / la non-philosophie est d'abord une théorie par ou selon l'Un, donc une théorie unifiée de la science et de la philosophie


DNP-2.45.0. / NON-PSYCHANALYSE

DNP-2.45.1. / uni-versalisation réelle et transcendantale de la psychanalyse, qui suspend son autonomie théorique plutôt que ses objets en la rapportant au réel comme vision-en-Un plutôt qu'à une dernière définition philosophique du Réel - la non-psychanalyse est la théorie unifiée (non pas unitaire ou autolégitimante) de la psychanalyse et de la philosophie
DNP-2.45.2. / toute philosophie, en tant qu'elle se réclame de l'Etre ou de l'Autre transcendant est anti-psychanalytique, plutôt que non-philosophique, par définition - elle nie l'autonomie ou l'altérité immanente de l'inconscient
DNP-2.45.3. / l'emprise réciproque mais chaque fois inégale de la philosophie et de la psychanalyse est le fil d'Ariane de la pensée "continentale" du 20è siècle, et le fond sur lequel se détachent les prétentions d'autonomie de la psychanalyse - ce type de rapports unitaires fut inauguré par le "tournant judaïque" de la pensé au début du siècle
DNP-2.45.4. / la non-psychanalyse réorganise toute la problématique analytique, et même la structure Réel/Symbolique/Imaginaire, autour du primat du Réel et de l'Un mais compris comme vision-en-Un, forclos à l'ordre du savoir, de la pensée et pas seulement du symbolique - aucun noeud entre aucun cercle ne lie ces instances essentielles dans une structure ou une simultanéité, mais une série de clonages articule le Réel et la pensée-monde - il est nécessaire d'une part de traiter le complexe philosophico-analytique comme l'Imaginaire objet de la non-psychanalyse, d'autre part le symbolique et en général toutes les structures de l'Inconscient et de l'Autre comme occasion et symptôme des instances transcendantales et apriorique d'un "sujet" non-analytique dont la force (de) pensée donne la matrice universelle
DNP-2.45.5. / la non-psychanalyse admet la jouissance comme analogon de l'Etranger, organon du Joui comme cause-de-dernière-instance de l'Inconscient
DNP-2.45.6. / les acquis fondamentaux de l'ontologie privationnelle de Lacan constituent le matériau privilégié mais non unique soumis à la non-psychanalyse


DNP-2.46.0. / NON-RHETORIQUE

DNP-2.46.1. / usage de la rhétorique et de son emploi philosophique, en fonction de la la vision-en-Un
DNP-2.46.2. / dès que l'on admet que toutes les interprétations d'une philosophie, même les plus contradictoires, lui appartiennent (Leibniz, idéalisme allemand), la rhétorique peut investir toute la philosophie - mais c'est surtout avec et après Nietzsche que la rhétorique devient un thème explicite, investissant un champ équivalent à l'Etre et organisant ses modes de manifestation - elle permet alors de mettre entre parenthèses l'ontologie dans la philosophie - c'est le sens d'une "rhétorique généralisée", affirmation active de l'Autre ou da pulsion dans la philosophie
DNP-2.46.3. / la philosophie ne conserve de la rhétorique que ce qui permet la distinction et la maîtrise de l'altérité et de l'extériorité en fonction de sa propre structure de doublet ou de redoublement (de simulacre)
DNP-2.46.4. / libérée de la suffisance philosophique, la non-philosophie libère au contraire le rhétorique, afin d'enrichir et de modifier le matériau philosophique - non-spatialisante, elle permet la reconnaissance dans l'Etre et le discours de tous les espaces possibles
DNP-2.46.5. / la non-rhétorique est la manifestation du langage selon l'Un qui n'est pas langage, mais tel qu'il n'est plus mesuré à une efficace (la persuasion) ou à une inefficace (le brouillage des rapports de transparence au réel) - parlons simplement d'une force (de) langage qui transforme les rapports de transparence et de conviction - on appellera "style" les "étrangéités" qui ne sont plus rapportées au non-figural ou au normal mais comprises chacune comme identité (du) philosophique et (du) non-philosophique - toute démarche pourra être reconnue comme individuée, chaque tour ou chaque figure traité comme un mode de l'identité du sujet-Etranger


DNP-2.47.0. / NON-SUFFISANCE (DU REEL OU DE L'UN)

DNP-2.47.1. / le principe de Réel in-suffisant est ce qui seul invalide sans reste le Principe de philosophie suffisante - il signifie que le Réel, comme vision-en-Un, est une condition uni-verselle mais seulement négative, nécessaire mais non-suffisante, et qui doit être effectuée par la donation de la pensée-monde
DNP-2.47.2. / le réel philosophique requiert dans son essence même des décisions de pensée parce que la pensée a déjà contribué à le définir et affecte son essence
DNP-2.47.3. / précisément parce qu'elle est radicale (et non absolue) la suffisance du Réel, celle de son immanence sans désir ni besoin de la pensée, implique son insuffisance tout aussi "radicale" quant à la pensée qui pourrait se développer à partir de lui et selon lui


DNP-2.48.0. / NON-TECHNOLOGIE

DNP-2.48.1. / théorie unifiée de la technique et de la philosophie - elle prend pour matériau ou objet leurs rapports unitaires de mixte techno-scientifique et surtout les sciences de l'ingénieur
DNP-2.48.2. / le terme de "technologie" désigne maintenant les mélanges de techniques et de sciences dans leurs interprétations et leurs usages politiques, économiques et sociaux- de sorte que la technologie finit par s'identifier au savoir des réseaux, des systèmes et de la complexité
DNP-2.48.3. / la technologie apparaît comme l'articulation schématisante de deux ordres hétérogènes - l'un est formé par des multiplicités très diverses d'événements ou de problèmes finis, à la fois techniques et scientifiques - il s'agit à peu près des sciences du génie dans leur acception la plus large - l'autre en est la continuation et la totalisation imaginaires, qui fonctionne à la façon d'un schématisme qui rapporte ces évènements à l'Etre
DNP-2.48.4. / la non-philosophie ne se contente pas de traiter le technologisme comme une illusion transcendantale - elle prend au sérieux les discours et les métadiscours technologiques, mais comme description déguisée de ce que l'illusion faisait oubli : ce qui "au coeur" de l'opposition épistémologique entre "théorie" et "expérience", entre "logos" et "technique" - de cela les sciences du génie en sont le symptôme, elle sont la "vérité" de la technologie
DNP-2.48.5. / la sciences de l'ingénieur ne définissent pas de domaines et sont plus difficiles à identifier que les sciences classiques - ce sont plutôt des disciplines génériques, capables de traiter de problèmes très différents par projet ou par objectif - les modèles deviennent alors plus importants que les théories dans la résolution des problèmes
DNP-2.48.6. / cette identité permet de distinguer radicalement la conception d'ingéniérie du projet philosophique : les contraintes d'un problème d'ingénieur sont définies, internes à son projet, si bien que l'ingénieur découvre en même temps qu'il invente
DNP-2.48.7. / la technologie perdra alors sa fonction de Grand Transcendantal, comme cela est arrivé précédemment aux catégories d'Histoire et de Langage


DNP-2.49.0. / (NON-)UN

DNP-2.49.1. / autre nom de l'unilatéralité, forme de suspens ou d'invalidation qui, ne relevant plus de l'Etre mais de l'Un, est un mode de l'être-forclos de l'Un, soit réel et non effectué ("uni-latéralité") soit transcendantal et effectué par l'occasion du "néant" philosophique ("unilatéralité")
DNP-2.49.2. / en philosophie, à quelques exceptions près, la catégorie de négation a sa raison dans le non-Etre ou Néant(ir) assorti ou non de négativité dialectique - la philosophie contemporaine remplace la négation par des expériences plus positives d'altérité qui l'adoucissent (la différence, les multiplicités)
DNP-2.49.3. / l'usage du non- dont s'est inspiré en son départ la non-philosophie est celui de "géométrie non-euclidienne", au sens où le non- à la fois détermine les limites de l'euclidien dans la géométrie et généralise celle-ci
DNP-2.49.4. / le (non-)Un, causalité suspensive de l'Un sur la philosophie, n'est pas une négation mais un suspens invalidant des prétentions de la philosophie - la non-philosophie n'est pas une négation, mais l'identité (de) la philosophie, libérée de son principe de suffisance - son essence est l'être forclos ou l'indifférence réelle de l'Un et de son uni-versalité immanente (condition "négative" de la donation de la philosophie) - la "métaphore non-euclidienne" est donc subordonnée à l'être-forclos comme la généralisation "non-euclidienne" de la philosophie l'est à l'uni-versalité immanente de la vision-en-Un


DNP-2.50.0. / OCCASION (CAUSE OCCASIONNALE)

DNP-2.49.1. / se dit de la causalité spécifique de la philosophie ou de la pensée-monde en général au regardé de la causalité de l'Un et du Réel, la Détermination-en-dernière-instance
DNP-2.49.2. / à la vision-en-Un, point de vue ultime et nécessaire mais non-suffisant ("négatif"), un objet peut être donné qui l'effectue - mais uniquement sous la condition du réel, donc de sa détermination-en-dernière-instance par celui-ci - un tel suspens réel de la causalité de la philosophie est celui de son illusion réelle puis transcendantale - l'occasionnalité c'est donc le sens "noématique" auquel la DDI réduit la causalité prétendue de la philosophie - ce statut occasionnal se spécifie à son tour en trois fonctions qu'elle remplit dans la constitution de la non-philosophie ou de la force (de) pensée : une fonction de nomination ou de support symbolique des termes premiers de la non-philosophie, une fonction d'indication symptômale par laquelle la philosophie s'indique ou se signale à la vision-en-Un, enfin une fonction dite de matériau pour le clonage par laquelle elle permet à l'Un de cloner une fonction d'Identité transcendantale radicale auprès d'elle-même et de cloner ensuite une fonction d'Identité a priori auprès d'elle-même comme a priori philosophie


DNP-2.51.0. / ONTOLOGIE FORMALE (LOGIQUE TRANSCENDANTALE UNI-LATERALE)

DNP-2.51.1. / équivalent de la Logique transcendantale (sous son aspect d'"analytique") généralisé sous les conditions uni-verselles de la vision-en-Un - elle contient les moments a priori non-autopositionnels qui valent de la Position comme dimension de la Décision philosophique - pendant de l'ontologie matériale comme Esthétique transcendantale généralisée, elle aussi sous les mêmes conditions uni-verselles et qui correspondaient plutôt à la Donation
DNP-2.51.2. / on trouve des formes restreintes 'une ontologie formale dans l'Analytique transcendantale de Kant ou bien dans l'"ontologie formelle" de Husserl
DNP-2.51.3. / ces a priori sont tous généralisés et simplifiées en mode non-autopositionnels en tant qu'identités clonées - en particulier la logique transcendantale est généralisée parce qu'elle saute hors de la disjonction des formes comme intellectuelles ou sensibles - il faut dissocier le couple donation/position et le couple intellectuel sensible (intérieur à la philosophie) - briser le cercle de leur corrélation ou détermination réciproque, et au contraire poser les ordres relativement autonomes (au regard de la force (de) pensée d'une esthétique et d'une logique transcendantales généralisées - 
DNP-2.51.4. / il s'agit moins de "catégories" que de "transcendantaux", dont la syntaxe et l'algorithme propres doit être fixée à chaque fois


DNP-2.52.0. / ONTOLOGIE MATERIALE (CHORA, ESTHETIQUE TRANSCENDANTALE UNI-VERSALISEE)

DNP-2.52.1. / ce que devient la philosophie ou la fonction qu'elle remplit en rapport avec l'expérience lorsque sa suffisance est suspendue par la force (de) pensée et qu'elle est réduite à son sens (d')identité - elle est lors l'a priori matérial par lequel tous les phénomènes sont nécessairement donnés (chôra)
DNP-2.52.2. / la philosophie se présente toujours comme législatrice ultime non seulement de l'expérience mais de son organon a priori
DNP-2.52.3. / la thèse : "tout, de l'expérience, est philosophable" ce peut cesser d'être une nouvelle décision philosophique que si les diverses dimensions du mixte de la philosophie en tant qu'elle est donation, et de celui-ci avec l'expérience, sont vécues dans leur sens (d')identité par la force (de) pensée - la philosophie cesse d'être législatrice de l'événement pour en devenir donatrice a priori : le mixte lui-même est donné comme identité
DNP-2.52.4. / les rapports contingents de l'expérience et de la philosophie sont alors intrinqèquement indissolubles ou pensées hors de toute hiérarchie - de là une équivalence d'iderntités (non-mixtes) qui introduit la démocratie au sein du donné ou de la nouvelle expérience - cette ontologie matériale généralise l'axiome fondamental d'une ontologie matérialiste récente : mathématique = ontologie), en l'étendant à toute expérience possible au-delà des mathématiques - par ailleurs en limitant la philosophie à être une simple ontologie apriorique de l'expérience, la non-philosophie la légitime ou la valide dans certaines limites


DNP-2.53.0. / PENSEE (CONTINENT DE LA PENSEE)

DNP-2.53.1. / concept uni-versalisé, valant identiquement pour la pensée philosophique et la connaissance scientifique - la pensée est en ce sens ce qui est déterminé-en-dernière-instance ou cloné de ces deux disciplines
DNP-2.53.2. / en philosophie, les rapports de la pensée et du réel sont données par la matrice parménidienne
DNP-2.53.3. / la science première se distingue par un triple innovation : 1) du point de vue de son origine, elle abandonne la maxime parménidienne : au lieu que la pensée soit supposée co-déterminer le Réel comme Etre, c'est le Réel - mais comme Un - qui la détermine plus qu'unilatéralement (par forclusion) - 2) du point de vue de sa nature, la science première distingue sa cause et ses opérations spécifiques, c'est-à-dire d'une part la vision-en-Un, cécu immanent propre au seul Un, et d'autres part les opérations désormais transcendantales de l'induction et de la déduction - 3) du point de vue de son "sujet" et de son extension : une pensée-science est enfin reconnue contre la privation de pensée dont la philosophie affectait la science et la privation de connaissance dont celle-ci affectait celle-là


DNP-2.54.0. / PENSEE-MONDE

DNP-2.54.1. / autre nom pour la philosophie dans la compréhension non-philosophique la plus vaste de son concept - pensée-monde est toute pensée fondée sur le ressort principal de la transcendance et le ressort secondaire de l'immanence, sur leur mixité hiérarchisée
DNP-2.54.2. / la philosophie a toujours entretenu les rapports les plus étroits avec le Monde
DNP-2.54.3. / la non-philosophie pose non la co-appartenance mais l'identité-de-derni7re-instance de la philosophie et de Monde


DNP-2.55.0. / PENSEE-SCIENCE (THEORIE UNIFIEE DE LA PENSEE)

DNP-2.55.1. / une théorie unifiée de la pensée est le premier objectif de la non-philosophie comprise alors comme science première - son champ de propriétés est la philosophie comme métascience (épistémologie, philosophie des sciences, philosophie comme science, etc.) - son objet spécifique est la pensée comme identité-en-dernière-instance de la science et de la philosophie
DNP-2.55.2. / la philosophie se présente spontanément comme pensée plutôt qu'une théorie, une pensée distincte de la connaissance ou au contraire coordonnée à celle-ci - comme une pensée de la pensée - son télos est donc l'autoposition de la pensée comme étant ou comme déterminant le Réel - la pensée philosophique est le complément ou le supplément, mais aussi la recollection englobante de toutes les expériences, science comprise, donc la pensée absolue - on appelle unitaire, voire "théorie unitaire de la pensée" cette division d'avec soi et cette mise-en-hiérarchie de la science et de la philosophie
DNP-2.55.3. / la pensée-science constitue ce mixte de la pensée-monde, de la "pensée" et de la "connaissance" en un nouveau "continent scientifique", scientifique mais transcendantal
DNP-2.55.4. / science et philosophie fusionnent alors dans une matrice unifiée-en-dernière-instance par le réel : la force (de) pensée


DNP-2.56.0. / PERFORMATIVITE (PERFORME, PERFORMATION, PERFORMATIONNEL)

DNP-2.56.1. / terme emprunté de la philosophie du langage ordinaire, transposé et généralisé ici hors de la sphère linguistique pour caractériser le type radical d'immanence et d'agir de l'Un
DNP-2.56.2. / dans la sphère du langage, performatif se dit de certaines énonciations dans lesquelles sont supposés s'identifier la valeur signifiante et la valeur d'action 
DNP-2.56.3. / si l'on suppose maintenant une identité radicale du dire et du faire (faire (en-) disant, dire (en) faisant, mais qui n'est plus elle-même de l'ordre du dire ou du faire, la seule instance qui se définisse par cette identité sans faille et suffisante est l'Un, c'est-à-dire le Réel même tel qu'il est défini par une immanence pure ou une inhérence (à) soi du phénomène - on pourrait parler de "performativité passive", dont la "synthèse passive" de Husserl donnerait une première indication encore transcendante
DNP-2.56.4. / si la performativité désigne l'immanence de la force (de) pensée qui ne relève que d'elle-même, c'est-à-dire en-dernière-instance du seul réel elle radicalise le critère marxiste de la pratique, qui désignait précisément une certaine immanence réelle contre la transcendance de l'idéologie


DNP-2.57.0. / PHILOSOPHIE

DNP-2.57.1. / objet (occasion, matériau, symptôme) de la non-philosophie
DNP-2.57.2. / lorsqu'elle tente de se penser plutôt que de se pratiquer spontanément, la philosophie est pour elle-même l'objet d'un mi-dire, d'une semi-définition
DNP-2.57.3. / la suture de l'être et du penser forment, depuis Parménide, l'indépassable stade du miroir de la philosophie - philosopher signifie décider d'une stratégie pour poser le monde - ce n'est pas connaître, mais former a priori des actes de parole décisionnels dans une action de culture
DNP-2.57.4. / par son procédé principal, le transcender en tant qu'il l'emporte sur le transcendant, la philosophie est une foi, avec la suffisance de la foi, destinée en droit à rester vide mais évite nécessairement ce vide par son remplissement avec des objets et des buts étrangers fournis par l'expérience ou la culture
DNP-2.57.5. / si l'embarras à dire la philosophie est le critère du philosophe, la transformation de cette aporie en problème et sa solution sont le critère du non-philosophe


DNP-2.58.0. / PRAGMATIQUE UNIVERSELLE

DNP-2.58.1. / l'un des deux styles, à côté du théorique, de la non-philosophie - loin d'être sa propre essence comme dans la philosophie, la pragmatique est cette proximité non-objectivante, ici radicale, de l'Un au Monde, l'usage de celui-ci par celui-là ou par la force (de) pensée - elle a donc pour essence l'universion clonante par le Réel qui voue le sujet-Etranger à l'usage du Monde - en vertu de cette essence, elle est transcendantale et universelle (uni-verselle)
DNP-2.58.2. / isolons le noyau syntaxique élémentaire de toute attitude pragmatique comme usage ou pragmateia des choses - on appelle pragmatique le semi-rapport d'usage ou de proximité, d'identification d'un terme Y à un terme X indépendant ou qui, de son côté, se distingue de Y - en quelque sorte une semi-objectivité distincte de l'objectivation théorique qui est bilatérale et réciproque à plus ou moins long terme - pourtant ce schéma conserve la circularité autopisitonnelle de l'identification (de Y à X) elle-même - cet aspect syntaxique se combine en général avec une expérience du réel comme agir 
DNP-2.58.3. / si Y est le Réel inaliénable, il ne peut s'identifier lui-même au Monde, mais sous la forme "médiatrice" d'une fonction transcendantale clonée, qu'il n'est pas mais à laquelle il contribue par clonage, celui-ci étant suscité par l'occasion qu'est le Monde - quant à la force (de) pensée, elle est vouée à la pensée-Monde, l'Etranger est tourné-vers le Monde
DNP-2.58.4. / ceci donne lui à une pragmatique certes premières mais sans primauté, n'étant plus autopositionnelle et prétendûment réelle - plus que jamais la pragmatique est transcendantale (non prétendûment réelle mais déterminée en-dernière-instance par le Réel) et uni-verselle : une pragmatique pour la philosophie et le Monde eux-mêmes


DNP-2.59.0 / PRESENTATION (PRESENTATION NON-AUTOPOSITIONNELLE)

DNP-2.59.1. / structure de référence immanente des énoncés nnn-philosophiques - c'est un simple clone ou reflet-sans-réflété, une donation théorique effectuée par et comme la force (de) pensée
DNP-2.59.2. / la métaphysique de la Représentation, ou de la représentation autopositionnelle comme présence première du monde, s'est installée au XVVè siècle - puis Husserl et la phénoménologie ont voulu constituer ce rapport premier au Monde, mais n'ont fait que poser ce qui était présupposé par les classiques
DNP-2.59.3. / la répétition ou le redoublement inclus dans la Re-présentation ne peut que disparaître au profit d'une présentation simple, force (de) présentation non-autoreprésentationnelle - le Réel est plutôt le Présenté, mais présenté-sans-représentation - il est nommé avec l'occasion de la présentation comme son passé radical
DNP-2.59.4. / en réalité le plein usage de la Représentation, c'est la philosophie elle-même en tant qu'elle est l'auto-représentation en personne


DNP-2.60.0. / PRIMAUTE (PRIMAUTE-SANS-PRIORITE)

DNP-2.60.1. / caractère de l'Un-en-Un d'être inaliénable, ou du Réel d'être forclos à toute pensée, mais de pouvoir déterminer celle-ci - la primauté ainsi comprise comme détermination-en-dernière-instance défait le mixtte philosophique, propres aux principes, de la primauté et de la priorité, leur pouvoir-à-domination ou primauté ontologique
DNP-2.60.2. / l'ontologie et la métaphysique attribuent un mixte de primauté et de priorité, de pouvoir et d'originarité aux "causes premières" et aux "premiers principes" - puis la dialectique dés-hégélianisée de mao puis d'Althusser a exploité cette logique du primat et de la domination dans la théorie de la contradiction comme "structure à dominante" et primat de la pratique sur la théorie
DNP-2.60.4. / le Réel ne peut pas être premier, sous peine de se soumettre à un ordre plus puissant que lui - il se soustrait à cet ordre pour des raisons d'être-séparé radical et d'être-forclos
DNP-2.60.5. / le Réel garde une primauté-sans-domination en tant qu'il détermine (mais précisément en-dernière-instance seulement) non pas un objet mais une cause dite occasionnale - la primauté spécifique de la "dernière-instance" dégage ainsi comme "dualité unilatérale" le noyau réel de la contradiction comme structure à primat


DNP-2.61.0. / PRIORITE (PRIORITE-SANS-PRIMAUTE)

DNP-2.61.1. / caractère de la force (de) pensée d'être première, actuellement et performativement "commencement radical" - première transcendantalement par rapport au matériau philosophique, précisément en tant qu'ordonnée au primat du réel-Un et dépourvue elle-même de toute primauté de type philosophique (maîtrise ou domination)
DNP-2.61.2. / la priorité, jumelée avec la primauté, est caractéristique des "premiers" principes et cause de la métaphysique - la "philosophie première" est première tantôt par ses objets eux-mêmes (Aristote), tantôt par l'ordre qu'elle instaure dans la connaissance (Descartes), tantôt par le mode de donation évidente de ses objets (Husserl)
DNP-2.61.3. / si la pensée, comme objet philosophique fétichisé, ne peut pas être première sans être aussi seconde et retardée, différée pour le moins, si le "commencement radical" est un mythe ou un fantasme philosophique constituant, la "force (de) pensée clonée par la vision-en-Un à partir du matériau philosophique est nécessairement indivisée dans son essence et par conséquent radicalement première (mais sans-primauté) - 


DNP-2.62.0. / PULSION (NON-AUTOPOSITIONNELLE)

DNP-2.62.1. / autre nom pour la force (de) pensée en tant qu'organon de l'Un et pour son agir de nature pragmatique sur la Monde ou la philosophie-matériau
DNP-2.62.2. / en psychanalyse l'équivalent le plus exact de la pulsion serait l'image-concept physique de force
DNP-2.62.3. / la force (de) pensée (ou pulsion dans les premières formes de la non-philosophie) tient son caractère de force/pulsion de sa nature de clone (non pas clone de l'Un mais du Monde tel que vu-en-Un)
DNP-2.62.0. / ce n'est pas une donnée immédiate mais plutôt une donnée-sans-donation de l'action en tant qu'ultime résidu transcendantal de l'activité comme médiation - l'Un est effectué comme pulsionnel


DNP-2.63.0. / REEL (UN-EN-UN, VISION-EN-UN)

DNP-2.63.1. / instance définie par son immanence radicale sous toutes les conditions de pensée possibles ; donc apr son être-donné (de) soi dit encore Vision-en-Un ou Un-en-Un, et par son être-forclos à la pensée - le Réel n'est pas susceptible d'être connu ni même "pensé" mais décrit dans des axiomes - en revanche il détermine-en-dernière-instance la pensée comme non-philosophique
DNP-2.63.2. / tout philosophe veut par définition "penser le Réel" - que le Réel soit titulaire d'une primauté-et-priorité implique qu'il est inscrit dans l'élément de la transcendance et de l'extériorité, et qu'il se détermine réciproquement avec la pensée - le réel philosophique est au mieux refoulé, parce qu'il est un réel désiré, clivé par la transcendance
DNP-2.63.3. / en vertu de son usage de la philosophie comme de sa "cause occasionnale", la non-philosophie recourt au "Réel" comme terme premier non--conceptuel - elle en conserve la primauté sans la priorité - aucun contenu ontique ou ontologique, même le sentiment, l'affectivité ou la vie, ne peut servir à définir l'essence de l'Un au risque d'y introduire de la transcendance cachée - sa fonction n'excède pas celle de terme premier ayant un primat sur les autres
DNP-2.63.4. / il est possible de transformer le discours philosophique (Marx) et psychanalytique (Lacan) sur le Réel en symptôme particulièrement "indicatif" et fécond d'une expérience émergente de la pensée, au-delà des possibilités philosophiques



DNP-2.64.0. / REFLET

DNP-2.64.1. / statut de clone de la pensée selon l'Un, déterminé fonction du schème philosophique de la spécularité et de spéculation
DNP-2.64.2. / dans la mesure où la philosophie, prise dans sa structure de dyade et de décision la plus générale et la plus invariante, est une opération de division et de redoublement, elle intègre un moment de miroir, spéculaire et spéculatif, qui fait de tout terme le double ou l'image, à quelque différence près, d'un autre ou de lui-même - elle connaît donc le reflet, mais celui-ci est nécessairement à son tour divisé en deux reflets qui se partagent la représentation, celle-ci étant d'une part reflet du réel et de l'autre reflet d'elle-même - le matérialisme (avec Lénine et le concept de la connaissance comme "reflet sans miroir") a simplifié cette problématique et commencé à dénoncer le floconnement idéaliste des doubles métaphysiques du Réel 
DNP-2.64.3. / la non-philosophie prend son départ dans l'identité ou l'immanence, dénuée de toute objectivité ou transcendance, du Réel-Un plutôt que de la "matière" - l'immanence in-objective du Réel exclut qu'il puisse se donner lui-même comme une chose à un miroir - la transcendance et ses modes jouissent d'une autonomie relative et se voient soutirer un reflet selon l'Un et qu'ils véhiculent ou qu'ils portent : leur clone - c'est le transcendantal puis l'a priori comme ordres spécifiques 
DNP-2.64.4. / lle clone est l'identité de la structure spéculative qui est reflet selon le Réel - ces conditions suffisent à arracher la triade spéculative à sa propre autoréflexion et en général au cercle philosophique - elle est maintenant formée de trois termes qui sont des identités, le premier est l'identité réelle, jamais divisée (l'Un); le second une identité certes divisée mais qui ne peut plus répandre sa division (le Monde); le troisième l'ordre transcendantal du reflet qui est reflet selon le Réel, mais reflet indivis, non-autopositionnel, et jamais double reflet


DNP-2.65.0. / REGLE (DE LA FORCE (DE) PENSEE)

DNP-2.65.1. / syntaxe ou forme immanente de l'usage du langage-matériau (philosophie) - les règles de la non-philosophie constituent un a priori pragmatique de l'agir unilatéral de la force (de) pensée
DNP-2.65.2. / la première règle prescrit la détermination du matériau par l'Un et la reformulation de l'Un avec l'aide symptômale du matériau - la seconde précipite l'ensemble du matériau dans l'"équivalent général" de la chôra ou d'une Esthétique généralisée - les troisième et quatrième règles caractérisent le clonage et la "redescription" dans le langage-matériau, des structures (transcendantales et a priori) qui valent de la Décision philosophique - la cinquième énonce la fonction-support remplie par le matériau lui-même au cours des précédentes opérations - enfin la sixième règle explicite les résultats de la procédure elle-même (règles 2 et 4) sous la forme d'un univers - clone ou reflet - non-thétique


DNP-2.66.0. / REVERSIBILITE

DNP-2.66.1. / syntaxe et fonctionnement de la dyade qui forme la base de la Décision philosophique - à la réversibilité s'oppose la dualité unilatérale du clonage
DNP-2.66.2. / la réversibilité est le mixte d'une relation formelle d'équivalence et du donné intuitif de la spatialité qui est l'élément de la topologie philosophique
DNP-2.66.3. / en psychananlyse, la réversibilité est une dimension fondamentale de l'approche topologique de l'Autre et elle assure le pas qu'il a sur l'Un


DNP-2.67.0. / SCIENCE-DES-HOMMES

DNP-2.67.1. / science selon l'Un-en-tant-qu'homme elle expose les effets unifiants de la vision-en-Un sur la variété des matrices philosophiques, a,thropologiques, sociologiques, etc., de description de l'homme 
DNP-2.67.2. / la forme-philosophie règle les rapports entre l'home et la cité, l'homme et le logos, l'homme et le cosmos
DNP-2.67.3. / l'homme est la radical non-suffisant, il n'est ni l'absolu ni une déficience de l'absolu - ce pourquoi il peut déterminer lui-même, de manière radicale mais non suffisante, une science transcendantale de lui mais seulement comme sujet-Etranger, pas comme Ego immanent ou donné-sans-donation - la seule science humaine réelle et rigoureuse n'est pas une théorie de l'Ego-Un mais justement du sujet tel qu'un Etranger


DNP-2.68.0. / SCIENCE TRANSCENDANTALE

DNP-2.68.1. / autre nom de la non-philosophie dans sa forme de théorie unifiée de la science et de la philosophie ou de Science première
DNP-2.68.2. / elle peut être caractérisée 1) par son matériau (philosophie et sciences), 2) par sa cause unifiante-sans-synthèse (la vision-en-Un plutôt que la Décision philosophique), 3) par sa méthode (l'unification en identité-de-dernière-instance), 4) par son objet interne (le Sujet cloné d'une part, le sens (d')identité du matériau d'autre part)
DNP-2.68.3. / elle est réelle avant d'être transcendantale, d'esprit unifié et égalitaire (science et philosophie y intervienne à part égale et en-identité)


DNP-2.69.0. / SENS (SENS (D') IDENTITE)

DNP-2.69.1. / ensemble des connaissances se rapportant au matériau philosophique, en tant qu'elles sont manifestées par la force (de) pensée et comme son "corrélat" - le sens non-philosophique est toujours sens (d')identité - le contenu de cette identité de la philosophie ou de ses structures est d'être forclusion-en-dernière-instance du Réel
DNP-2.69.2. / le sens est l'élément de la philosophie, en tant que transcendance dans l'immanence (Husserl), enveloppant tout donné d'un "halo de généralité" (Merleau-Ponty)
DNP-2.69.3. / si le sens philosophique et en particulier phénoménologique est de l'ordre de la généralité, le sens non-philosophique est uni-versel en-dernière-instance


DNP-2.70.0. / SOLITUDE (SEUL)

DNP-2.70.1. / affect pur, sans affection, de l'humain dans l'homme, de son essence "séparée" d'immanence radicale
DNP-2.70.2. / en général la solitude prend une valeur anthropologique : moyen d'ascèse morale, instrument d'introspection - elle devient un problème spécifiquement philosophique avec la position cartésienne du Cogito
DNP-2.70.3. / la Solitude peut être d'abord comprise d'une manière simple comme identité d'immanence (à) soi. Elle radicalise alors de manière positive, comme être-forclos, l'idée d'une finitude intrinséque de l'humain dans l'homme, plus précisément de l'humain-de-dernière-instance dans le sujetexistant-Étranger
DNP-2.70.4. / une élaboration axiomatique plus différenciée distingue entre l'Ego comme Seul (l'Un sans attribut, même de solitude), et la Solitude proprement dite comme position non-mondaine ou non-philosophique du Seul comme sujet Étranger, de la même façon que l'on distingue Donné-sans-donation et Donation


DNP-2.71.0. / TEMPS-SANS-TEMPORALITE

DNP-2.71.1. / se dit du passé radical, immanence (à) soi du temps, son identité de part en part qui n'existe pas ni n'a existé, qui est mais négativement ou sans être - il détermine-en-dernière-instance une temporalité transcendantale et subjective qu'il clone du mélange philosophique du temps et de la temporalité propres à l'Être ou à l'Autre - du présent comme temps-monde - cette temporalité transcendantale pure constitutive du sujet-Étranger est le clone "mobile "du présent-monde sous la condition du Passé "immobile" : non-platonisme
DNP-2.71.2. / la philosophie contemporaine rattache la temporalité à l'Etre ou à l'Autre - Husserl par l'opposition qu'il fait entre le temps constituant et le temps constitué révèle l'autoconstitution originaire du temps dans ses différentes modalités - Heidegger : si temporalité il y a, elle signifie le sens de l'Etre comme voilement et dévoilement de l'ek-sistence du Dasein
DNP-2.71.3. / la non-philosophie renonce à faire du temps (de l'histoire ou bien du devenir) l'essence du Réel - les décisions philosophiques récentes ne trouvent pas davantage la cause du temps, ni le sujet (de) la temporalité, ni l'identité de ce temps-monde qu'est le temps philosophique, précisément parce qu'elles transcendent temporalement vers l'essence du temps à partir de la présupposition du temps-du-Monde (empirique) et ne posent cette essence du temps que comme essence suffisante ou mixte - le temps-monde ne peut être au contraire qu'un matériau et une occasion pour nommer, indiquer et effectuer la vision-en-Un (du) temps - ce temps-vu-en-Un ne peut être de son côté que le passé radical, d'immanence pure et d'identité, un passé qui non seulement n'a jamais été présent mais ne le sera jamais à l'avenir (et pour l'avenir) comme trace, mais qui restera passé immanent jusque dans l'avenir qu'il clone du présent du temps-monde
DNP-2.71.4. / "passé, "présent" et "avenir" deviennent les trois symptômes du temps-en-Un ou selon-l'Un
DNP-2.71.5. / le passé radical est le temps uni-versel immanent, dont on peut dire qu'il est-sans-exister ou encore qu'il est un temps non-temporel
DNP-2.71.6. / le mixte du temps et du Monde (le sens ou l'identité de ce mixte) élève le temps à la forme du Monde sous l'autorité de la philosophie: c'est le temps-monde
DNP-2.71.7. / enfin du passé-en-Un au Présent-monde se déploie l'instance de l'avenir transcendantal ou de la force temporalisante - l'avenir est l'identité clonée ou produite à partir du temps-monde tel qu'Un


DNP-2.72.0. / TRANSCENDANTAL (IDENTITE TRANSCENDANTALE PURE)

DNP-2.72.1. / première instance après le Réel ou l'Un, et constitutive du sujet comme force (de) pensée - c'est le clone de l'Unité transcendantale propre à la Décision philosophique, et produit par la vision-en-Un à partir de cette indication symptômale
DNP-2.72.2. / sous ses diverses étiquettes philosophiques, il y a le transcendantal comme invariant de la structure de la Décision philosophique, comme Unité transcendantale, immanente et transcendante à la Dyade de base, par conséquent divisée et se prétendant réelle, le Réel, par son autoposition - en ce sens très général, le transcendantal est la dimension supérieure de toute philosophie - c'est ainsi que l'entend la non-philosophie : comme ce qui fait cercle ou doublet avec l'empirique d'une part à travers l'a priori, et avec le Réel d'autre part à travers son auto-position. 
DNP-2.73.3. / la non-philosophie exige plus qu'un dépassement supplémentaire du transcendantal, qui est de toute façon premier ou commencement dans l'ordre de la pensée : elle exige de l'ordonner au primat du Réel comme à une cause par immanence, non pas présente et positive mais non-suffisante ou négative


DNP-2.73.0. / UNIVERSALITÉ (UNI-VERSALITÉ ET GÉNÉRALITÉ) 

DNP-2.73.1. / caractère de la vision-en-Un de donner ou manifester tout X sur le mode de l'Un lui-même ou du donné-sans-donation et du séparé-sans-séparation - loin d'être fermée sur soi, elle est de droit ouverte-sans-extase au Monde de manière immanente 
DNP-2.73.2. / l'universalité est un concept surdéterminé issu de la combinaison de la structure propre de la Décision philosophique et des connaissances scientifiques que celle-ci requiert - la Décision présente deux niveaux d'universalité : celui de la Dyade comme niveau de l'a priori, universel et nécessaire (universalité en mode a priori) ; celui de l'Unité de synthèse ou de système (universalité en mode transcendantal) au sens de la totalité ou de l'Un-tout - la non-philosophie révèle une structure universelle qui serait le croisement de deux axes : l'axe ontologique horizontal de l'Être et de l'Étant, et l'axe vertical, plutôt ontique, de l'Un et du Multiple - structure en cours de fermeture par un double procès de recouvrement : de l'Étant et du Multiple, de l'Être et de l'Un - la formalisation dite de la "Décision philosophique" dégage la structure minimale commune à ces modèles et fait apparaître les deux plans connexes de l'universalité. L'essentiel de l'universalité de type philosophique est dans la connexité de ces deux plans, donc dans une conception unitaire de l'universel comme partagé en généralité et totalité
DNP-2.73.3. / l'uni-versalité est l'essence de la vision-en-Un qui, loin d'être fermée sur soi comme un "interne" ou mélangée à une transcendance, est une immanence sans transcendance mais non sans uni-versalité - cette uni-versalité est à prendre en un sens "littéral" : comme l'être-tourné de l'immanence ou de l'Un vers..., comme ouvert-non-extatique
DNP-2.73.4. / en revanche la généralité de la non-philosophie est un trait de son organon, de la force (de) pensée ou du sujet-Étranger - si l'uni-versalité est réelle, ni transcendantale ni logique, la généralité est transcendantale et non réelle, c'est une propriété des termes premiers, des axiomes et de ce qui s'en déduit dans la théorie du sujet et dans celle de l'identité (de) la pensée-monde - de cette généralité on peut dire que, par ses origines, qui ne sont ni philosophiques ni scientifiques, elle est déterminée-en-dernière-instance par l'uni-versalité - la non-philosophie ne cesse de "généraliser" la philosophie elle-même, mais elle ne peut le faire que par le recours à la dernière-instance d'une universalité réelle ignorée de la philosophie. Le modèle "non-euclidien" a aidé la non-philosophie à se constituer, et il fonctionne effectivement à un certain niveau d'élaboration, c'est un matériau scientifique possible - mais il est lui-même ordonné à l'expérience de la vision-en-Un comme uni-verselle. 


DNP-2.74.0. / UNIVERSION

DNP-2.74.1. / effectuation de l'uni-versalité "négative" de l'Un dans l'occasion et sa causalité; mais non de l'Un lui-même, forclos et inaliénable sous quelque effet que ce soit - c'est l'un des trois effets du Réel, à côté de l'unidentification et de l'unilatéralisation. 
DNP-2.74.2. / toute philosophie en fait connaît la "circumversion"
DNP-2.74.3. / la cause occasionnale est donc univertie à l'Un ou immanente en-dernière-instance - c'est sous cet aspect qu'elle constituera le matériau pour le clonage de la force (de) pensée
DNP-2.74.4. / l'uni-version est donc l'opération de l'uni-versalité de droit de l'Un qui, elle, ne dépend d'aucune occasion mais de la seule essence d'inhérence radicale de l'Un
DNP-2.74.5. / elle est la condition ultime du clonage en général dans ses formes noétiques, transcendantale et apriorique
DNP-2.74.6. / ramenée à son essence d'uni-versalité, l'intentionnalité est libérée de la forme-conscience comme de la forme-objet : elle n'est "de" que dans la mesure où elle est d'abord "pour" ou "vers"


DNP-2.75.0. / VECU (VECU-SANS-VIE)

DNP-2.75.1. / tout acte de pensée ou d'expérience, de théorie ou de vie, en tant qu'il est rapporté, en-dernière-instance, à l'Un comme vécu (du) vécu ou "en-vécu" immanent et qu'il définit ainsi la cause d'une non-phénoménologie
DNP-2.75.2. / en phénoménologie, "vécué désigne totu acte intentionnel en tant que rapporté à la conscience en son c^té subjectif (hylè et noèse) - mais il est toujours quelque peu de l'ordre transcendant d'un objet ou d'un attribut - une limite de la philosophie est donnée par la "vie" immanente, auto-générative et auto-affective au sens de Michel Henry
DNP-2.75.3. / sous cette forme il peut alors servir à nommer, comme terme premier, l'Un lui-même ou le Réel de-dernière-instance, la "chose "du vécu réel - délivré de son autoposition et de sa perceptibilité de conscience, réduit à son identité-en-Un, il possède enfin une pureté transcendantale et une universalité qui lui permettent de se dire de n'importe quelle pensée ou expérience en tant que rapportée à ce vécu-de-dernière instance


DNP-2.76.0. / VISION-EN-UN (UN, UN-EN-UN, REEL)

DNP-2.76.1. / nom premeir fondamental de la non-philosophie, à l'égal d'Un-en-un ou de Réel - ce qui détermine en-dernière-instance la théorie et la pragmatique de la pensée-monde (philosophie)
DNP-2.76.2. / toutes les "pensées de l'Un" sont encore structurées comme des métaphysiques
DNP-2.76.3. / La non-philosophie énonce une série ouverte d'axiomes sur l'Un entendu comme vision-en-Un et non plus comme Un désiré - 1. l'Un est radicale immanence, identité-sanstranscendance, non associée à une transcendance ou une division 2. l'Un est en-Un ou vision-en-Un et non pas en-Être ou en-Différence - 3. l'Un est le Réel en tant que forclos à toute symbolisation (pensée, savoir, etc.) -4. 'Un est donné-sans-donation et séparé-sans-séparation - de la donation - 5. L'Un est ce qui détermine ou donne en-dernière-instance la pensée-monde comme donnée (objet d'une donation). 
DNP-2.76.4. / la non-philosophie renonce à être pensée-de-l'Un ou désirde-l'Un, mais ce renoncement a une raison plus haute que le renoncement au désir: l'Un-en-Un est l'Inconnu de la philosophie, ce qui lui est de droit forclos 
DNP-2.76.5. / elle est donc le phénomène radical, sans arrière-monde phénoménologique au sens le plus vaste: sans Être derrière le phénomène ou connexe avec lui, sans donation derrière le donné ou connexe avec lui - en un sens l'Un est "pour-le-Monde" sous la réserve que le "pour" ne signifie aucune finalité interne ou externe, c'est une disponibilité par indifférence (et non pas une indifférence par abstraction telle que l'indifférence est en général comprise)

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